Cycle Ciné-Europa 2020-2021

Affiches Cycle 2020-2021

 

Mercredi 28 octobre 2020 – 20h

La Sapienza (2014) France-Italie / réalisé par Eugène Green – 1h40

___________________________________________________________________________

Un architecte suisse francophone reconnu, Alexandre Schmidt (Fabrizio Rongione), et son épouse Aliénor (Christelle Prot-Landman) voyagent en Italie, fuyant un Paris désespérant. Ils partent sur les traces de l’architecte Francesco Borromini, afin d’en écrire la biographie. À Stresa, non loin de Bissone, ville natale du maître baroque, le couple rencontre un frère et une soeur, Goffredo (Ludovico Succio) et Lavinia (Arianna Nastro), quand celle-ci fait un malaise. Aliénor décide de rester auprès d’elle un temps et propose au jeune homme, étudiant en architecture, d’accompagner son mari, récalcitrant, à Turin, puis à Rome. Ils découvriront l’œuvre et la vie du Tessinois : son influence sur le géométrique Guarini, sa rivalité avec le spectaculaire Bernin, sa faute (la mort d’un ouvrier nommé Bussone) et sa mort. Ce parcours dans l’espace-temps romain, guidé par celui qui inspira Alexandre, s’achève sur la découverte de ce qu’il y a « au-delà de la science et la beauté », la chapelle Saint-Yves-de-la-Sapience (Sant’Ivo alla Sapienza).

Sa visite le libérera, lui, sa femme et les deux adolescents de leurs fantômes, afin de construire un lieu qui accueillera une vie nouvelle. De retour à Stresa, Alexandre est réuni à Aliénor, il deviendra professeur. Goffredo se sépare de Lavinia, guérie de ses langueurs chroniques.


Mercredi 16 décembre 2020 – 20h

Medea (1969) Italie / réalisé par Pier Paolo Pasolini – 1h50

___________________________________________________________________________

Une interprétation du mythe de Médée qui peut être être considérée comme un parfait exemple du cinéma poétique de Pasolini. Le réalisateur y réécrit le mythe en marquant une opposition anthropologique entre le monde archaïque et sacré de l’héroïne et le monde rationnel et laïque de Jason. À travers l’expédition des Argonautes, il nous donne aussi une occasion de réfléchir sur l’esprit de conquête de l’homme européen et sa dimension tragique. Maria Callas, dans le rôle de la princesse de Colchide, y acquiert la profondeur d’une figure archétypale.


Mercredi 24 février 2021 – 20h

Aferim! (2015) – Roumanie / réalisé par Radu Jude - 1h48

___________________________________________________________________________

Les chevaux et les pierres. La lumière et la voix. Dans le creuset d’un Scope noir et blanc somptueux, mythologique, ce sont ces éléments concrets, sensibles, qui vont faire advenir le miracle Aferim! Soit un film d’aventures comique et violent, historique et onirique, où personnages et situations existent constamment à plusieurs titres. Ces personnages sont les protagonistes d’un western roumain, qui est aussi un roman picaresque européen, avec poursuites, bagarres, rencontres étranges, moments de grâce suspendus à un rayon de soleil entre les branches, à la pénombre d’une auberge, à l’intensité d’un regard.

Mais ces personnages (hommes d’armes, paysans, nobliaux, tsiganes, tavernier, idiot du village, servantes, châtelaine, prostituées, artisans…) sont aussi les figures oubliées, niées, d’une histoire si voisine de la nôtre et restée si étrangère, histoire occultée aussi, là même où elle a pris place. L’histoire de l’esclavage des Tsiganes dans une partie de l’Europe du XIXe siècle, l’histoire proche de la misère insondable, de la brutalité des rapports de domination imposés par les prêtres et les seigneurs locaux, des bains de sang qui ont noyé les révoltes, émeutes de la fin et aspirations démocratiques.


Mercredi 28 avril 2020 – 19h30

Manuscrit trouvé à Saragosse (1965) Pologne / réalisé par Wojciech Has. 3h

___________________________________________________________________________

Dans l'Espagne du début du XIXe siècle, durant les guerres napoléoniennes, un officier français découvre un manuscrit. Il est tellement fasciné par les gravures, une potence et surtout deux jeunes femmes lascives, qu'il ne voit pas approcher un groupe d'ennemis espagnols. L'officier qui les commande est tout aussi fasciné par les gravures. Mieux même, il découvre que le mansucrit parle de son grand-père, le comte d'Olavidez…

Manuscrit trouvé à Saragosse (Rekopis znaleziony w Saragossie), réalisé en 1965, est une adaptation du roman fleuve du même nom, écrit par le Comte Jean Potocki, grand seigneur polonais d'éducation française, né en 1761. Roman à tiroirs où s'accumulent plus de cent histoires différentes : histoires de pirates, de bandits, de guerres, récits semi-autobiographiques, légendes surnaturelles, il est jugé inadaptable... sauf par Has, le réalisateur du film ! L’adaptation de W. Has allie la puissance visuelle du surréalisme aux audaces narratives d'un Buñuel. Celui-ci dira d’ailleurs dans son autobiographie : « J'ai vu ce film trois fois. Ce qui, dans mon cas, est absolument exceptionnel».


Mercredi 30 juin 2021 – 19h30

Le regard d’Ulysse (1995) Grèce / réalisé par Theo Angelopoulos / 2h56

___________________________________________________________________________

Le regard d’Ulysse nous raconte l’histoire d'un cinéaste qui revient dans son pays – la Grèce – et entreprend de se balader dans les Balkans. Pas pour une promenade de santé touristique mais pour une quête menée à de multiples niveaux. D'abord, retrouver une mémoire du cinéma : les films disparus des frères Manakis, documentaristes balkaniques du début du XXe siècle, qui cavalaient de pays en pays pour enregistrer la vie de tous les jours. Par la même occasion, le cinéaste part à la recherche du temps perdu, de ses amours anciennes comme de ses racines d'homme européen. En contrepoint, omniprésente, la radiographie d'un continent tout aussi déchiré que la psyché du personnage.